Jean
Rulens
Du vide naquit la matière. Tout l’univers est constitué d’une poignée d’éléments dont la combinaison offre une diversité infinie et fascinante. Comme la vie et la mort, le vide et la matière n’existent pas l’un sans l’autre. Pas de musique sans silence, pas d’ombre sans lumière. C’est de cela dont parlent mes sculptures. N’étant pas scientifique de formation, c’est par une approche sensible, intuitive, poétique que je tente d’explorer les mystères de la matière, du vide et de la gravitation.
Mon travail de sculpteur est avant tout un travail de recherche, quelque part entre art et science. Pour la création de « mobiles » (Calder, Bury, Tinguely…), l’assemblage mécanique (des différentes parties d’une œuvre) m’est toujours apparu comme une faiblesse. En segmentant la sculpture en éléments indépendants les uns des autres, je l’affranchis de toute usure mécanique. Surtout, le mouvement de chaque segment est libre de celui des autres. Ce qui confère à la sculpture une impression d’apesanteur.
Dans l’imaginaire collectif, le béton apparaît statique, lourd, solide et vulgaire. Autant de préjugés dont je me sers pour créer des objets au comportement contre-intuitif. Agencés en « équilibre limite », les vulgaires blocs de béton se meuvent en une danse silencieuse au gré du vent ou d’une caresse de la main.